dimanche, mars 04, 2007

When the wintry winds are blowing

Nixon, pensant peut-être mourir en fonctions, avait demandé, le cas échéant, à ce que fût joué, lors de ses funérailles, California Here I Come ; quel beau choix que celui-ci, et quel beau chant que celui-là ! Il est regrettable que le Watergate nous ait privé de ces belles lignes à ajouter à l'Histoire de l'Amérique ; c'eût pu être aussi poignant que le Requiem de Duruflé lors de la messe funèbre de Mitterrand.
Penser que ce chant fut joué sur le USS Yorktown, se hâtant vers Midway, her last bay, l'est d'autant plus.


Le Sceau de l'Etat, sans référence à la république de 1846

La Californie, en effet, semble me poursuivre, bien que je sois rentré en europe depuis de longs mois déjà ; je viens de finir un essay sur la legacy de Arnie Schwarzenegger.

Don't tread on me

Une publicité de 2005 pour une biographie du gouverneur ;
certes, un RINO n'est pas un
éléphant du PS, mais il n'en a pas plus de chance de gagner la primaire pour autant.

Enfin, je suis tombé, hier, en faisant mes courses sur un paquet de fruits secs portant l'inscription Californian Raisins ; étrange, me suis-je dit, ayant toujours entendu California Raisins (de même que l'on dit a California condor, ou New York English). Après diverses recherches, j'ai découvert que les Anglais ont tendance à employer, dans de tels cas, les adjectifs se référant à un Etat, et nom les noms correspondants.
Ainsi, dans le Guardian, un journaliste, d
ésignant une maison en Nouvelle-Angleterre n'a-t-il pas craint d'écrire a New English house.

En rentrant chez moi, hier soir,
à 10 heures et demie du soir, je jetai un regard sur la lune ; une étrange ombre la couvrait en partie. Je mis cinq bonnes minutes à réaliser que je voyais là une éclipse de lune.


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mercredi, janvier 24, 2007

Anne, par jeu, me jecta de la neige

Enfin, il neige ! deux ou trois centimètres, juste assez pour tenir, mais si ça continue toute la journée, cela finira par faire assez.
Un vrai plaisir ; j'avais bien peur de ne pas voir neiger, dans un pays au climat si marin.
Quand mon train est passé sur le viaduc d'où l'on voit toute la ville, j'ai, pour la première fois,
trouvé belle cette basse ville à l'anglo-saxonne, aux laideurs architecturales en partie dégradées.
Un air de Palais d'été de Simla.
Les rues, les places, les quais sont, par contre, recouverts de véritables congères de sel. L'Angleterre est un pays très sensibilisé à l'écologie, où il fait bon se dire super-green, fustiger les industries polluantes, ne jurer que par le tri sélectif, contre tous la circulation automobile (les Anglais feraient-ils de la prose bo-bo sans le savoir ? je connais certains habitants des environs d'Odéon, du canal Saint-Martin, ou de la Butte aux Cailles qui ne seraient pas dépaysés) ; mais la neige venu, il serait dommage de se priver de rejetter des tonnes de sel dans la nature.
Toutes les villes de l'Angleterre sont, l'hiver venu, transformées en annexes de la Mer morte ; comme disait Charles d'Orléans, quand l'écologie rencontre la cause palestinienne, le temps revêt son manteau de froidure et de sel.
La neige, aussi, a passablement désorganisé le réseau de trains de banlieue ; mais il est vrai qu'il n'avait pas besoin de cela pour accumuler les retards et autres "technical faults".
Les services d'intérêt général sont vraiment le point faible du Royaume-Uni.

Avec beaucoup d'imagination, on dirait se croirait aux Jardins d'Alamut

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jeudi, janvier 18, 2007

Qu'on porte les dépêches à la chancellerie; qu'on serve à l'instant un des fromages.

Avant-hier, avant-soirée vins et fromages dans South Kensington. Il y avait là du délicieux Saint-Nectaire, du Roquefort au goût prononcé, de la bûche de chèvre, tendre comme vous savez quoi, du Brie, roi des Fromages, et d'autres sortes encore ; il y avait là du Bordeaux. Tant de choses, en un mot, que je n'avais pas vu depuis longtemps, depuis mon retour de France, il y a un peu plus d'une semaine.


J'ai bien peur de m'être saoûlé aux Brulières de Beychevelles, un vrai gâchis. Le duc d'Epernon a dû se retourner dans la tombe, ou s'en frotter les mains.

J'ai recommencé à prendre une citation pour titre, surveillons-nous ; si je continue, cela finira avec ce message politique que je me suis retenu de poster.

La vente des réserves de la Mairie, à l'automne dernier.

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mercredi, octobre 25, 2006

"Une Fête en Larmes




Hier soir, peu avant une heure du matin, attendant le dernier train de banlieue, sous la marquise ruisselante d'une petite gare, je songeais à l'espace, ou plutôt le temps, qui me sépare d'une époque, d'un chaud été parisien, où j'attendais tous les matins l'un des premiers RER, sous une marquise toute pareille ; il y en a tant, le long de cette voie, datant de l'époque où l'on parlait de la Ligne de Sceaux.
Vous aussi, vos dix-huit ans, votre terminale ne vous semblent-ils pas loin ?
J'ai perdu, en deux ans, bien des illusions. La vie est une succession de brillantes déconvenues. Que disait Jean d'Ormesson ? une fête en larmes.


Il est bien vrai que j'aime plus la fraîcheur d'une matinée d'automne ventée, quand les feuilles mortes du Boulevard Saint-Germain sont soufflées par un air sec qui dégage un ciel pur en bouffant vos cheveux et rabattant les pans de votre manteau, que l'étouffement d'un après-midi d'été, quand votre chemise colle à la peau, que le bus est à peine supportable, le métro inenvisageable, et que, installé au Luxembourg pour y chercher un peu d'air, vous plongez dans les nuées de poussière soulevées par tant de pieds battant les allées, ou dans celles de pollens qui vous prennent au nez, pour en sortir enfin, le cirage de vos souliers irrémédiablemet gâté par cette poudre blanche du Luco.



Jean Bruno Wladimir Lefèvre d'Ormesson, l'un des plus excellents auteurs de notre temps.


Le comte d'Ormesson, pour en revenir à Sa Transcendance, relate dans Au Plaisir de Dieu une amusante anecdote sur Susthène, peut-être arrivée à son propre aïeul qui se serait précipité, un jour de chaleur où il était vêtu plus que de raison, sur un étalage de mouchoirs, au Bon Marché, et les aurait un à un trempés, devant des vendeurs interloqués.



Tout ceci est bel et bon (quoique), mais pourquoi ce post ? je voulais parler un peu de certains faits politiques anglais.

L'Angleterre, en effet, et avec elle le Royaume-Uni, est confrontée à bien des enjeux qui sont les nôtres ; libertés publiques menacées par le Parlement, intégration de certaines populations à la nation, retour en force du religieux dans la société, ou plus généralement interrogation sur la place de notre patrie dans le monde actuel, de nombreux phénomènes nous sont communs.

Je ne discuterai pas ici de ces points, nous aurons sûrement l'occasion d'y revenir amplement avant le 6 mai ; je voudrais juste faire quelques rapprochements.

Je suppose que tous les lecteurs de ce mot, même en Afrique du Sud ou à Taïwan ont dû lire un entrefilet concernant des propos du chef de la majorité aux Communes, M. Straw. En effet, le Bernard Accoyer britannique a déclaré, dans un journal local, qu'il trouvait le port du niqab gênant pour les contacts intercommunautaires, déclenchant ainsi de nombreux débats, dans tout le pays ; hier, par exemple, des étudiants distribuaient des tracts, sur le campus, invitant à un rassemblement, à Westminster, pour défendre Muslim women's right to dress as they like.

Un journaliste de The Independent en vint même à titrer l'un de ses articles So were the French right all along ? Notons seulement que le row en question concerne ici un type particulier de voile islamique, peu courant en France, et qu'il se concentre sur les rapports entre communanautés, et non la liberté des jeunes filles appelées à le porter, voire sur la laïcité, principe dont le schisme de Henry VIII a ôté la nécessité.

Remarquons également le procès d'un homme accusé d'avoir euthanasié sa femme, au moment même où un autre semblable fait, en France, la une des journaux.

Le tableau ne serait pas sincère si je n'évoquais, par delà ces similitudes essentielles, une différence contingente.

Au rebours du Gouvernement de la France, le Cabinet Britannique s'est engagé bien inconsidérément dans la fondrière d'Irak ; son peuple s'en mort les doigts. L'on ne compte plus les déclarations d'officiels, de politiques, de journalistes condamnant cette guerre ; hier encore, j'ai pu lire dans un article de quotidien, we have done much more harm to the Iraqi people than Saddam did.

Qu'est-donc allé faire le Royaume-Uni de Cook et de Lord Mountbatten dans cette galère ? S'il y a une nation, en dehors de la France, qui a maintes fois démontré son art de la guerre sur tous les continents, qui bénéficie d'une immense expérience des colonies, dont la puissance n'a d'égale que l'habileté, c'est bien le royaume de Pitt et de Churchill.

Que l'Amérique ait toujours eu du mal à faire la guerre, suite à une certaine méconnaissance de l'étranger et à une tendance à ne pas savoir confondre le politique et le militaire, à ne pas savoir déterminer les limites d'un engagement est évident depuis Diplomacy de Kissinger ; que le Royaume-Uni ait pu la suivre dans ces errements, entraînant avec lui tout un peuple dans le deuil, l'exil, la guerre civile est plus qu'une erreur, c'est une faute.

Ces revers au Moyen-Orient sont, avec le projet de réforme de la Chambre des Pairs, les deux sujets principaux de l'actualité, cette semaine.

Ce projet, maintes fois repris depuis le Bryce Comitee de 1948, repose sur une volonté de rendre tout ou partie de la Chambre éligible au suffrage universel direct ; ceci, avec la suppression de la fonction judiciaire des Lords of Appeal, et leur remplacement par une cour suprême, constituant les deux pilliers d'une réforme entamée par les House of Lords et Constitutionnal Reform Acts de 1999 et 2005.

Nul doute que tout cela soit issu de bonnes intentions, mais faire désigner certains pairs par le gouvernement, quand d'autres seraient élus conduirait immanquablement, dans un régime fondé sur la démocratie, à affaiblir la légitimité des premiers ; quant à les vouloir tous élus du peuple, ne serait-ce pas là s'enfoncer dans les délices des débats sur l'utilité même de la chambre haute, tels qu'ils ont miné la politique de notre pays, depuis Sieyes et Clermont-Tonerre ?

Tout ceci est bien long, je vous laisse.

La photographie de J. d'Ormesson provient du site des Editions Robert-Laffont ; je profite de cette sorte de post-scriptum pour vous signaler, suite à certains de vos courriels, que le texte du projet de loi dont je vous parlais dans un dernier post est, bien évidemment, disponible sur le site de l'Assemblée.


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vendredi, octobre 06, 2006

" 'Tis done but yesterday drinking"

Eh quoi ! déjà le cinquième post et je n'ai toujours pas fait de commentaire politique ! comme dirait Jospin, "Ce n'est pas moi, cela ne me ressemble pas ".
Je vais donc vous parler un peu de ce cher Premier ministre, ou plutôt de ses étranges similitudes avec Blair ; car l'information vous a peut-être échappé, dans l'emportement de la pré-campagne française, mais au moment même ou Jospin se retirait de la lutte que nous offre le Parti socialiste, le chef du Labour faisait ses adieux, à Manchester.

La destinée de ces deux hommes semblait liée par des similitudes de dates, et peut-être aussi d'idées.
C'est ensemble qu'ils se sont affirmés comme véritables primi inter pares, rassemblant des mouvements destinés à conquérir le pouvoir. Jospin émergea, en effet, en 1995, en battant Emmanuelli, le candidat mitterrandien, aux primaires du Parti socialiste, avant de recueillir 23% des suffrages au premier tour de la présidentielle ; Blair peut dater de cette année sa prise d'épaisseur sur la scène internationale, notamment suite à la retentissante entrevue qu'il eut avec Jacques Chirac.
Vinrent ensuite 1997, les deux victoires que l'on sait, puis la très bonne entente entre les gouvernement des trois premiers pays de l'Europe ; on se souvient de ces images du Premier ministre britannique en vacances, en famille, à Cintegabelle.

La comparaison s'arrête là, Lionel Jospin n'ayant pas réussi, en 2002, à gagner l'esprit ou le coeur des Français.
Laissant un parti en déroute, il eut le beau geste de se retirer de la vie publique ; voulant, ces derniers mois, revenir sur le devant de la scène, sans y parvenir, sans avoir préparé le terrain à l'avance, il s'est donné du ridicule.
Blair, malgré une popularité en berne, de multiples oppositions, est parvenu à changer durablement l'ordre des choses de son pays, dessinant cette troisième voie qui a alimenté tant de fantasmes en France, surtout parmi ceux qui la connaisent peu.

Que dire, sinon enfoncer des portes ouvertes, écrire que, isolé au sein de la tour d'ivoire du confort intellectuel de certains responsables socialistes, il n'a pas su rester en contact avec le peuple, l'écouter, et le consulter sur les sujets fondamentaux pour l'avenir de notre nation ?


Le Royal Pavillion, laideur dix-neuviémiste léguée par George IV, vu du parc

Le temps était au pub crawl, hier soir, que j'ai passé avec quelques amis Erasmus, et un anglais très sympa, Dave ; cela a été l'occasion de faire une petite Black session. Les photos sont, dans l'ensemble, floues ; il faut dire que je n'étais pas net non plus. Enfin, les voici.


Le Royal Pavillion, vu du Old Steine, l'avenue qui le longe



Le Colonnade Bar, à l'intérieur Art Nouveau, parfait pour les débuts de soirée

Un pub typiquement britannique

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Une salle de Rock typiquement Brightonese

St Peter's devant la ville

Dans les bas quartiers, où sont les drogués et vagabonds


Fin de soirée au King and Queen, un grand pub installé dans une ancienne auberge

Quel est le lien entre cette soirée, Dave, et la politique française ? il est tout simple

.

Nous refaisions le monde lorsque notre Anglais, se tournant vers moi, se mit à me parler de "cette femme qui voudrait se présenter à la présidentielle, en France", en termes peu ou prou élogieux. Je suppose qu'il ne parlait pas de Marie-Georges Buffet. Les aspects les moins agréables de la politique, ces derniers temps, me rattrapent à l'étranger.

Je ferai peut-être un post, si je le juge utile, avant le 16 novembre, pour dire ce que je pense de Mme Royal ; il faudrait aussi que je vous parle des propos de M. Straw sur le Niqab, qui font ce matin la une du Guardian. Ce sera pour une autre fois.

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