Ce qu'il y a de plus noble en l'homme face à la barbarie

Un tel hommage, en un tel instant, me toucha ; je n'ai pu me déprendre d'une certaine émotion en entendant les mots de Guy Môquet, puis ceux du Président, résonner sous la futaie de Boulogne.




Aujourd'hui, 15 mai 2007, Dominique de Villepin a remis au Président de la République la démission de son gouvernement ; deux ans, deux ans qui passèrent vite, et virent beaucoup de choses.
Ainsi s’achève cette période, à présent décriée, pour cause de campagne ; l'Histoire jugera.
M. de Villepin, je vous regretterai ; je me souviens encore de ce dernier jour de mai 2005 où, dans mon salon, relisant Chateaubriand, j’attendais avec impatience l’annonce de la composition du Gouvernement.
Le soleil illuminait Paris, comme l’ardente promesse d'une mémorable époque ; pour lors vous vous rendiez, à pied, à l'Elysée, pour écrire une autre page de notre épopée.
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Sarkozy écrasant le gros paour
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Enfin, j'avoue apprécier au plus haut point son énergie, sa volonté, son courage ; Nicolas Sarkozy est peu démagogue, pour un homme politique, en démocratie, ceci tenant peut-être au fait qu'il soit moins homme politique qu'homme d'Etat.
Courage non seulement intellectuel, mais physique ; je n'oublierai jamais de la première fois que j'ai entendu son nom, il y a quatorze ans, petit enfant, en CP.
La vidéo suivante est d'une naïveté militante, mais vous saurez en tirer la substantifique moelle.
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A Auschwitz, en 2005
Aux grands Hommes, la patrie reconnaissante ; il est juste d'en témoigner à ceux qui, face à une entreprise d'asservissement de la personne humaine, ont été, à leur façon, l'image de ce qu'il y a de meilleur en l'homme, l'honneur de l'humanité.
Ces hommes, ces femmes n'ont pas laissé de grande oeuvre, n'ont pas été hommes d'Etat, n'ont pas laissé leurs noms dans l'Histoire ; mais ils ont suivi, nonobstant la difficulté, la sentence de Montaigne, tout homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition ; Il y a de la grandeur dans ce geste.
"
Il y a 65 ans, dans l’Europe presque entièrement asservie, la barbarie nazie décide l’exécution de la solution finale. Une idéologie effroyable fait régner la terreur : une idéologie raciste, fondée sur cette croyance criminelle et folle selon laquelle certains hommes seraient par nature "supérieurs" à d’autres. Et cela, au cœur d’un continent qui se considère comme l’aboutissement de la civilisation…
[...]
Il y a les ténèbres. Mais il y a aussi la lumière. La France affamée, terrorisée, coupée en deux par la ligne de démarcation, est étourdie par l’ampleur de la défaite. Mais très vite, des voix s’élèvent. Dès le 11 novembre 1940, de Gaulle écrit de Libreville au Congrès juif mondial que le statut des Juifs n’aura aucune validité dans la France libre. Il fustige la violation, par Vichy, "des principes de liberté et de justice égale, sur lesquels la République française était fondée". Puis, dans le pire effondrement de notre histoire, alors même que la Wehrmacht semble encore invincible, des Françaises et des Français en très grand nombre vont montrer que les valeurs de l’humanisme sont enracinées dans leurs âmes. Partout, ils accueillent, cachent, sauvent au péril de leur vie des enfants, des femmes, des hommes, persécutés parce qu’ils sont Juifs. Dans ce cauchemar éveillé que les Juifs vivent depuis 1940, la France, leur France, à laquelle ils ont cru si intensément, n’a pas disparu. Dans les profondeurs du pays, une lueur d’espoir se fait jour. Elle est fragile, vacillante. Mais elle existe.
"
Il y a les ténèbres, mais il y a la lumière ; loin du pessimisme de 1995, cette phrase est un élan d'espoir et de foi en l'avenir, une leçon de celui qui quitte la plus haute charge.
Jacques Chirac s'en va sur un message digne.

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Mme Royal et M. Sarkozy ont actuellement une position privilégiée au sein de leurs familles politiques, ils doivent agir en ce sens.
P. S. Je viens d'apprendre que, dans un entretien à paraître demain, dans Le Figaro, le Premier ministre aurait déclaré, La victoire passe par le rassemblement, et Sachons entendre toutes les idées et faire une place à chacun. La voie est là,Where there is a will, there is a way.
Nous prenons le tournant.
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Un temps où le Président de la République avait 48 ans, et où de nombreuses réformes étaient entreprises.
Ségolène Royal, tel VGE en 1974, a joué son va-tout, sachant pertinemment qu'elle se ferait écraser sans pitié aucune au lendemain d'une défaite ; comme Valéry Giscard d'Estaing, elle a gagné, et ne pourra plus jamais être totalement écartée du jeu politique.
Si elle remporte l'élection, en 2007, il risque d'y avoir de légères turbulences, au PS.
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Ségolène Royal est certes critiquable, mais je dois reconnaître qu'une personne capable de prononcer un discours tel que celui de Melle n'est pas n'importe qui ; quel verbe ! quel entraînement depuis quelque temps !
Caricature parue dans Le Canard Enchaîné
Tant qu'à être dans l'éloge, continuons, avec un très bel extrait du Projet socialiste.
JPR avec Pécresse, lors d'un débat, à Versailles, en janvier.
Ensuite, pour appuyer mes dires sur l'union de l'UMP, je fais appel à Raffarin, ou plutôt à l'entretien qu'il a donné au Parisien, le 9 novembre (au format PDF), extraite de son blog, Les Carnets de JPR.
Précisons que l'ancien Premier ministre ne se rallie pas au vainqueur incontesté en espérant qu'on lui prodigue des places ; il m'avait déjà vanté, au printemps dernier, en pleine gloire de Villepin, le rassemblement autour "de celui qui sera le meilleur candidat pour 2007".
Finissons sur une note amusante ! Le sens de la formule.
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Elle était belle, dans sa jeunesse...
...mais quel goût ! (photos issues du site du Monde)
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A l'Assemblée, en mars 2006. Il n'y a pas de photos de la réunion, désolé ; j'avais oublié mon appareil.
Bien sûr, ce n'est pas même là un projet (les conseillers nationaux ne devant se prononcer que jeudi), et rien ne dit qu'il ne sera modifié avant les élections, ou après, si l'UMP les remporte, afin d'être appliqué dans la concilliation et le respect de l'adversaire ; mais cela permet néanmoins de se faire une assez bonne idée de ce à quoi s'attendre, dans l'optique d'une victoire de la majorité, l'an prochain.
Le principal concept nouveau qu'il développa fut la masse critique de réformes à accomplir après les élections, comme opposé à la réforme tranquille du gouvernement Raffarin ; c'est la la traduction dans les faits de la rupture, montrer aux Français, et particulièrement à ceux qui s'en détournent, que la politique peut véritablement changer la vie*. Ceci aurait, de surcroît, l'avantage, pour le gouvernement, de ne conduire qu'à une seule confrontation avec les syndicats, au rebours de la politique critiquée.
Autre grand axe souligné ce soir là, la réforme des institutions, comprenant un renforcement des pouvoirs du Parlement, notamment en terme de contrôle de l'action gouvernementale, ou de l'administration ; un récent rapport parlementaire n'y est sans doute pas étranger.
A propos, il semble que depuis ce rapport, Philippe Séguin s'excite, depuis ce rapport ; le Premier président de la Cour des Comptes met en marche ses réseaux afin d'éviter le rattachement de son institution au parlement. Certains le taxeront sans doute de corporatisme (quoique cela n'ait pas filtré dans la presse, l'on se contente d'en parler dans les milieux parisiens), mais je pense qu'il a raison ; il est important d'avoir une juridiction indépendante pour contrôler les comptes de l'Etat.
C'est justement le rôle que l'on veut faire tenir au parlement, me direz-vous ; certes, et il est bien qu'il le fasse, mais le parlement est une institution essentiellement politique, et politique n'est pas toujours signe d'objectivité. En ce sens, il est important d'avoir, en plus d'instances politiques, certains lieux où l'on se décide sans positions partisannes ; à la Cour des Comptes ou ailleurs, peut importe, mais il importe que le lieu existe.
* La formule employée ici, vous l'aurez compris, n'est pas de M. Fillon.
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Jean Bruno Wladimir Lefèvre d'Ormesson, l'un des plus excellents auteurs de notre temps.
Le comte d'Ormesson, pour en revenir à Sa Transcendance, relate dans Au Plaisir de Dieu une amusante anecdote sur Susthène, peut-être arrivée à son propre aïeul qui se serait précipité, un jour de chaleur où il était vêtu plus que de raison, sur un étalage de mouchoirs, au Bon Marché, et les aurait un à un trempés, devant des vendeurs interloqués.
Tout ceci est bel et bon (quoique), mais pourquoi ce post ? je voulais parler un peu de certains faits politiques anglais.
L'Angleterre, en effet, et avec elle le Royaume-Uni, est confrontée à bien des enjeux qui sont les nôtres ; libertés publiques menacées par le Parlement, intégration de certaines populations à la nation, retour en force du religieux dans la société, ou plus généralement interrogation sur la place de notre patrie dans le monde actuel, de nombreux phénomènes nous sont communs.
Je ne discuterai pas ici de ces points, nous aurons sûrement l'occasion d'y revenir amplement avant le 6 mai ; je voudrais juste faire quelques rapprochements.
Je suppose que tous les lecteurs de ce mot, même en Afrique du Sud ou à Taïwan ont dû lire un entrefilet concernant des propos du chef de la majorité aux Communes, M. Straw. En effet, le Bernard Accoyer britannique a déclaré, dans un journal local, qu'il trouvait le port du niqab gênant pour les contacts intercommunautaires, déclenchant ainsi de nombreux débats, dans tout le pays ; hier, par exemple, des étudiants distribuaient des tracts, sur le campus, invitant à un rassemblement, à Westminster, pour défendre Muslim women's right to dress as they like.
Un journaliste de The Independent en vint même à titrer l'un de ses articles So were the French right all along ? Notons seulement que le row en question concerne ici un type particulier de voile islamique, peu courant en France, et qu'il se concentre sur les rapports entre communanautés, et non la liberté des jeunes filles appelées à le porter, voire sur la laïcité, principe dont le schisme de Henry VIII a ôté la nécessité.
Remarquons également le procès d'un homme accusé d'avoir euthanasié sa femme, au moment même où un autre semblable fait, en France, la une des journaux.
Le tableau ne serait pas sincère si je n'évoquais, par delà ces similitudes essentielles, une différence contingente.
Au rebours du Gouvernement de la France, le Cabinet Britannique s'est engagé bien inconsidérément dans la fondrière d'Irak ; son peuple s'en mort les doigts. L'on ne compte plus les déclarations d'officiels, de politiques, de journalistes condamnant cette guerre ; hier encore, j'ai pu lire dans un article de quotidien, we have done much more harm to the Iraqi people than Saddam did.
Qu'est-donc allé faire le Royaume-Uni de Cook et de Lord Mountbatten dans cette galère ? S'il y a une nation, en dehors de la France, qui a maintes fois démontré son art de la guerre sur tous les continents, qui bénéficie d'une immense expérience des colonies, dont la puissance n'a d'égale que l'habileté, c'est bien le royaume de Pitt et de Churchill.
Que l'Amérique ait toujours eu du mal à faire la guerre, suite à une certaine méconnaissance de l'étranger et à une tendance à ne pas savoir confondre le politique et le militaire, à ne pas savoir déterminer les limites d'un engagement est évident depuis Diplomacy de Kissinger ; que le Royaume-Uni ait pu la suivre dans ces errements, entraînant avec lui tout un peuple dans le deuil, l'exil, la guerre civile est plus qu'une erreur, c'est une faute.
Ces revers au Moyen-Orient sont, avec le projet de réforme de la Chambre des Pairs, les deux sujets principaux de l'actualité, cette semaine.
Ce projet, maintes fois repris depuis le Bryce Comitee de 1948, repose sur une volonté de rendre tout ou partie de la Chambre éligible au suffrage universel direct ; ceci, avec la suppression de la fonction judiciaire des Lords of Appeal, et leur remplacement par une cour suprême, constituant les deux pilliers d'une réforme entamée par les House of Lords et Constitutionnal Reform Acts de 1999 et 2005.
Nul doute que tout cela soit issu de bonnes intentions, mais faire désigner certains pairs par le gouvernement, quand d'autres seraient élus conduirait immanquablement, dans un régime fondé sur la démocratie, à affaiblir la légitimité des premiers ; quant à les vouloir tous élus du peuple, ne serait-ce pas là s'enfoncer dans les délices des débats sur l'utilité même de la chambre haute, tels qu'ils ont miné la politique de notre pays, depuis Sieyes et Clermont-Tonerre ?
Tout ceci est bien long, je vous laisse.
La photographie de J. d'Ormesson provient du site des Editions Robert-Laffont ; je profite de cette sorte de post-scriptum pour vous signaler, suite à certains de vos courriels, que le texte du projet de loi dont je vous parlais dans un dernier post est, bien évidemment, disponible sur le site de l'Assemblée.

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