mercredi, mai 23, 2007

Ce qu'il y a de plus noble en l'homme face à la barbarie

Le président Sarkozy a été investi, et je ne parle guère que de sa photographie officielle ; il convient de réparer cela, d'autant plus que la cérémonie fut mémorable.
Marquante, en effet, non pas tant par le décorum élyséen, qui, quoique réussi, n'ajouta rien à 1974 ou 1981 ; je m'étais laissé dire que le nouveau Président recevrait le Collier dans le Salon des Ambassadeurs, il n'en fut rien.


Le marquant, le hautement symbolique fut la commémoration du massacre de la Cascade , le rappel des martyrs de la Résistance. Là ressurgit le sens du symbole, de l'hommage, de la dignité que possède le Président de la République.

Un tel hommage, en un tel instant, me toucha ; je n'ai pu me déprendre d'une certaine émotion en entendant les mots de Guy Môquet, puis ceux du Président, résonner sous la futaie de Boulogne.

Enfin, signe de la fin d'une époque ? après le décès de René Rémond vient celui de Pierre Gilles de Gennes, autre fleuron de la République intellectuelle de notre pays ; un tel chercheur, une telle culture est rare, et fait honneur à l'homme.

Libellés : ,

On n'est jamais satisfait du portrait d'une personne que l'on connaît bien

Certes, je suis loin de bien connaître notre nouveau président, ne l'ayant guère rencontré que deux fois, tirant essentiellement ce que je sais de lui, de ses discours, écrits, d'écrits sur lui, ou de révélations de ceux qui l'ont connu ; le mot de Goethe ne me semble pas moins vrai, je ne suis certes pas satisfait du portrait officiel de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa.


Loin de moi l'idée de blâmer le photographe ; le modèle et son entourage sont seuls responsables de la pause, l'éclairage, lui, me semble bien fait. Les commentaires ont déj à fusé sur la veste trop grande, les drapeaux tout autant ; je n'évoquerai que la position, raide, le bras gauche, inerte. N'eût-il pas pu croiser les bras, prendre un livre, tel Mitterrand ?
Il est étonnant que le Président de la République, si habile dès lors qu'il s'agit d'user de symbloes et d'évoquer l'âme de la France ait manqué à ce point l'effet de son portrait. Puisse-t-il ne pas manquer son mandat.

Libellés : ,

mercredi, mai 16, 2007

Je donnerais Versailles, Paris et saint-Denis

Aujourd'hui, 15 mai 2007, Dominique de Villepin a remis au Président de la République la démission de son gouvernement ; deux ans, deux ans qui passèrent vite, et virent beaucoup de choses.
Ainsi s’achève cette période,
à présent décriée, pour cause de campagne ; l'Histoire jugera.

M. de Villepin, je vous regretterai ; je me souviens encore de ce dernier jour de mai 2005 où, dans mon salon, relisant Chateaubriand, j’attendais avec impatience l’annonce de la composition du Gouvernement.
Le soleil illuminait Paris, comme l’ardente promesse d'une m
émorable époque ; pour lors vous vous rendiez, à pied, à l'Elysée, pour écrire une autre page de notre épopée.


Dernier Regard sur Matignon

A l'entame de votre livre sur les Cent-Jours, vous
évoquez la fleur du souvenir ; soyez assuré qu'elle ne nous quittera pas.
Parlez et vous serez
écouté ; non, vous n'irez pas à Canossa ! vos Marie-Louise d'aujourd'hui sont les Murat de demain.

Libellés :

samedi, mai 12, 2007

Aux Gibelins Guelfe et aux Guelfes Gibelin

Au rebours de ce que pourrait laisser penser le dernier poste, je suis loin de partager certaines thèses défendues par Nicolas Sarkozy au cours de la dernière campagne ; je n'ai guère aimé les clins d'œil aux suppôts du lepénisme. Je n'ai pas plus apprécié sa façon de stigmatiser certaines populations, le fait qu'il ait du mal à comprendre le Paris de l'Est (comme, je le pense, d'autres quartiers populaires).

J'aime passionément la France, mais, pour moi, la France est celle de Jaurès, de Condorcet et de Mendès-France autant que de Barrès et Charles V.
La France est un tout ; la France s'est faite par la tolérance et par l'immigration.
Marc Bloch écrivit quelque part que deux types de personnes ne comprendraient jamais l'Histoire de France, ceux qui ne vibrent pas au récit du sacre et ceux qui ne s'émeuvent pas à celui de la Fête de la Fédération.
Que notre futur président ait écrasé le FN, un libéral, un démocrate ne peut que s'en réjouir ; et ce d'autant plus lorsqu'il connaît le républicanisme de Sarkozy. Je ne parlerai pas de choses que j'ai pu tenir de lui-même ou d'hommes le connaissant, mais rappellerai à votre bon souvenir l'extrait ci-après.



Sarkozy écrasant le gros paour
Uploaded by btoux

Enfin, j'avoue apprécier au plus haut point son énergie, sa volonté, son courage ; Nicolas Sarkozy est peu démagogue, pour un homme politique, en démocratie, ceci tenant peut-être au fait qu'il soit moins homme politique qu'homme d'Etat.

Courage non seulement intellectuel, mais physique ; je n'oublierai jamais de la première fois que j'ai entendu son nom, il y a quatorze ans, petit enfant, en CP.

La vidéo suivante est d'une naïveté militante, mais vous saurez en tirer la substantifique moelle.




Sarko Human Bomb (13.05.93 à Neuilly)
Uploaded by Seven70

Libellés :

Aut Caesar, aut Nihil

Le premier tour fut une victoire de la démocratie, le second l'a confirmée ; avec près de 85% de participartion, notre pays montre, comme il se doit, l'exemple à la face du monde.


Les journaux de ce dernier, d'ailleurs, ne tarissent point d'éloges ; qu'il est agréable, dans le monde anglo-saxon, où j'ai vécu cette année, de voir, pour une fois, fait le panégyrique de la France !
Alea jacta est.



Le roi est mort, vive le roi ! voilà la formule que pourrait lançer Debré, mercredi prochain, dans la salle des fêtes de l'Elysée, si l'humour n'était pas déplacé en un tel moment.
Ainsi accède à la plus haute charge le vingt-troisième de nos présidents, le dernier héritier de Clovis, prêt à poursuivre l'extraordinaire destinée de ce peuple, qui commença quelque part entre Tournai et Paris, il y a mille cinq-cent onze ans.
Que tous nos vœux de réussite l'accompagnent, et nos actions aussi !
Je ne compte pas faire ici le récit d'une vie que tout le monde connaît, moins encore rendre quelque jugement péremptoire et partant inutile ; non, mon propos n'est ici que d'éclairer un aspect d'une personnalité riche, qui, je le crois, se prête moins que d'autres encore (mais l'homme est un irréductible) à la réduction.
De gueules, au loup au naturel, tenant un badelaire d'or, rampant sur un mont de sinople ;
tel est le blason des Sarkozy de Nagy-Bocsa.
Image issue de l'excellent site héraldique-européenne.org
Nicolas Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Bocsa est un représentant d'une vieille famille de l'aristocratie d'Europe qui, telle les Wittelsbach, les Broglie et les Salm, connut heurs et malheurs dans différents Etats. Il tient pourtant beaucoup de l'arriviste, si ce n'est du parvenu.
Une campagne remarquable notamment au point de vue de l'image,
celle-ci est déjà celle d'un homme d'Etat.
Toute cette campagne fut une image de cette césure. Il vanta l'amour de la France, patrie des droits de l'Homme, et proposa la création d'un ministère semblant peu conforme à ces derniers ; que disait Talleyrand ? cela est si bête que cela ne peut être français.
Le paroxysme de cette dichotomie fut atteint à la toute fin.
Quand le futur président parla de retraite, je ne l'en estimai que plus ; sage et noble attitude que le fait de se livrer à une introspection pascalienne avant de saisir les rênes de l'Etat. Il est vrai que j'imaginais alors un séjour dans quelque propriété de Province, château ou gentilhommière de famille, ou prêtée par quelque ami. D'aucuns seraient allés dans un monastère, de Gaulle à la Boisserie et Mitterrand à Latché ; Sarkozy a choisi un yacht, haut lieu de la pensée, comme chacun sait.
Passons sur cette histoire de philosophie ; il est au rebours plus difficile de ne pas s'attrister de l'absence de goût que cela révèle. Un chef d'Etat de la France ne se comporte pas comme le premier jet-setter venu. Président, il ne l'est pas encore, me direz-vous ; certes, mais, élu, il ses actes engagent déjà la France.
Enfin, François Fillon semble presque nommé ; puisse son aspect raisonnable prendre le dessus sur certaines tendances par trop libérales (au sens économique du terme), au sein des nouveaux puissants. Les informations que je tiens d'un grand du futur pouvoir me font prévoir un automne orageux ; Nicolas Sarkozy aura-t-il la force et la volonté de freiner des boute-feux prompts à exaspérer par de vaines forfanteries ceux qui ne pensent pas comme eux ? espérons-le.
Les membres du pouvoir qui se met en place possèdent de grandes qualités, et son dirigeant celles d'un grand Homme d'Etat ; la situation actuelle est une chance qu'ils n'ont pas le droit de laisser passer.
Nous sommes en Brumaire les directeurs ont perdu, la France peut voler de succès en succès ; tout rappel de 1804 serait mal venu.
Je n'ai pas même évoqué les critiques relatives au danger que M. de Nagy-Bocsa représenterait pour les libertés, dites-vous ? cela vous dit à quel point je les estime. Sur ce plan, l'aspect autoritaire, et le passé, de Mme Royal m'a assez montré où se situait le danger.

Libellés :

lundi, janvier 22, 2007

Homo sum, homini nihil a me alienum puto


Je voudrais aujourd'hui saluer un geste du président de la République. Certes, ce blog n'a pas vocation à se contenter de commenter l'actualité, non plus qu'à constituer un panégyrique de M. Chirac ; mais son discours en hommage à ceux qui, en France, sous Vichy, ont protégé des juifs au péril de leurs vies était digne et beau.

A Auschwitz, en 2005

Aux grands Hommes, la patrie reconnaissante ; il est juste d'en témoigner à ceux qui, face à une entreprise d'asservissement de la personne humaine, ont été, à leur façon, l'image de ce qu'il y a de meilleur en l'homme, l'honneur de l'humanité.

Ces hommes, ces femmes n'ont pas laissé de grande oeuvre, n'ont pas été hommes d'Etat, n'ont pas laissé leurs noms dans l'Histoire ; mais ils ont suivi, nonobstant la difficulté, la sentence de Montaigne, tout homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition ; Il y a de la grandeur dans ce geste.

"

Il y a 65 ans, dans l’Europe presque entièrement asservie, la barbarie nazie décide l’exécution de la solution finale. Une idéologie effroyable fait régner la terreur : une idéologie raciste, fondée sur cette croyance criminelle et folle selon laquelle certains hommes seraient par nature "supérieurs" à d’autres. Et cela, au cœur d’un continent qui se considère comme l’aboutissement de la civilisation…

[...]

Il y a les ténèbres. Mais il y a aussi la lumière. La France affamée, terrorisée, coupée en deux par la ligne de démarcation, est étourdie par l’ampleur de la défaite. Mais très vite, des voix s’élèvent. Dès le 11 novembre 1940, de Gaulle écrit de Libreville au Congrès juif mondial que le statut des Juifs n’aura aucune validité dans la France libre. Il fustige la violation, par Vichy, "des principes de liberté et de justice égale, sur lesquels la République française était fondée". Puis, dans le pire effondrement de notre histoire, alors même que la Wehrmacht semble encore invincible, des Françaises et des Français en très grand nombre vont montrer que les valeurs de l’humanisme sont enracinées dans leurs âmes. Partout, ils accueillent, cachent, sauvent au péril de leur vie des enfants, des femmes, des hommes, persécutés parce qu’ils sont Juifs. Dans ce cauchemar éveillé que les Juifs vivent depuis 1940, la France, leur France, à laquelle ils ont cru si intensément, n’a pas disparu. Dans les profondeurs du pays, une lueur d’espoir se fait jour. Elle est fragile, vacillante. Mais elle existe.

"

Il y a les ténèbres, mais il y a la lumière ; loin du pessimisme de 1995, cette phrase est un élan d'espoir et de foi en l'avenir, une leçon de celui qui quitte la plus haute charge.

Jacques Chirac s'en va sur un message digne.

Libellés : ,

jeudi, janvier 18, 2007

Vous êtes toujours contre

Le Monde ! Le Monde ! Le Monde ! Les éditoriaux de J.-M. Colombani donnent rarement dans le comique ; avant-hier midi, ce fut le cas, aux dépends de l'auteur.

Savez-vous cette polémique, assez basse, je l'avoue, sur la richesse de la candidate socialiste ? le Monde n'a pas laissé de s'insurger contre ce "coup tordu".
"Ce procédé est détestable. En réalité, il s'agit d'une affaire anodine qui n'est en rien illégale ou immorale", poursuit le journaliste insurgé.
La critique de ces attaques ad hominem est légitime, elle l'eût bien plus été si Le Monde n'eût lui-même sombré dans cette ornière.
M. Colombani avait l'indignation moins sourcilleuse, quand paraissaient dans son journal nombre d'articles insinuant que M. de Villepin aurait cherché à nuire à M. Sarkozy, en gardant pour lui des informations sur un certain listing ; il ne s'agissait, là non plus, d'une affaire qui n'était en rien illégale,
M. Colombani parle aussi de moralité ? il n'en est peut-être pas le meilleur juge qui soit.
N'a-t-il pas, lors de cette même affaire, continuellement laissé entendre, dans les colonnes du journal dont il a la charge, que le Premier ministre pourrait être inculpé ? N'a-t-il pas laissé contourner le secret de l'instruction ?
Plus généralement, Le Monde n'a-t-il pas eu tendance à mettre en doute la véracité du témoignage du Premier ministre, sans jamais douter de celles des informations contenues dans les fameuses notes du général Rondot ? Il semble, pour le moins, étonnant qu'un spécialiste du renseignement garde trace écrite, chez lui de surcroît, de conversations sensibles avec les premiers personnages de l'Etat ; il l'est d'autant plus qu'il ne les ait détruites avant la perquisition effectuée à son domicile.
Pour en revenir à la moralité de M. Hollande et Mme. Royal, personne ne leur reprochait d'être riches ; je ne pense pas que ce soit là chose infâmante. Ce qui a choqué bien des gens, c'est que François Hollande soit permis de publiquement dénigrer les riches, notamment lors d'une émission de Mots Croisés, tout en en étant un.
La démagogie est aussi vieille que la démocratie, anytos n'est pas né avec notre siècle ; Duff Cooper écrivit même qu'elle était la condition sine qua non pour y jouer un rôle. Je ne cherche pas ici à accuser M. hollande, mais à vous parler du Monde.
Son attitude, je l'avoue, me déçoit, ces derniers temps ; il me semble appliquer la politique du double standard, justement dénoncée par Chateaubriand.
Il en est ainsi de son traitement des photos ; comment expliquer que celles représentant M. Hollande, Mme Royal ou M. Strauss-Kahn les présentent toujours sous leur meilleur jour, quand celles figurant Mme Alliot-Marie, M. Chirac, ou M. Sarkozy nous donnent souvent à voir un rictus, une grimace, un mauvais ?
Je puis vous assurer que, en vrai, si j'ose dire, l'apparence de ces gens n'est pas si inégalitaire (je ne puis me prononcer sur l'actuel Président de la République, ne l'ayant jamais vu que de loin ; peut-être est-il réellement décati).
Un exemple, tiré de l'édition en ligne du 18 janvier
N'est-il pas éloquent ?
Le Monde serait-il entré en campagne ? si tel est le cas, il est assez triste de voir que le grand journal national franais n'ait pas la force d'agir autrement.
Un très mauvais message, écrit, comme toujours, dans l'instant, sous le coup de l'émotion, sans doute.

Libellés :

lundi, novembre 20, 2006

L'Unité

Les conditions semblent, de nos jours, réunies pour un nouveau 21 avril.

Je ne cherche pas ici à me lamenter sur une quelconque crise française ; il n'y a guère que les Français, pour douter de la France. Vivre à l'étranger, c'est prendre conscience de l'influence, de l'aura, des capacités de la France.

Je ne fais que constater la présence du Front national, et les dissensions au sein des courants politiques majeurs.

La désignation de Mme Royal comme candidat du PS aux présidentielle fera-t-elle éclater son parti ? cela semble peu probable, et si certains hiérarques, tel Mélenchon, pourront peut-être se trapprocher des communistes et des trotskystes, le mouvement devrait être tre faible.
La question, à mon sens, est ailleurs : certains électeurs, proche de l'alter-mondialisme, ne se détourneront-ils pas du grand parti social-démocrate ? d'autres, proches de M. Strauss-Kahn, n'ont-ils pas déjà évoqué Bayrou ?

Pour ce qui est de l'UMP, rupture semble rimer avec fracture ; fracture entre Villepinistes et Sarkozystes s'entend. Le spectre de 95 ne semble pas si loin, la situation actuelle ayant d'étranges similitudes avec la Cohabitation de Velours.
La présence de deux candidats, représentant chacun des deux principaux courants du parti actuel serait bien évidemment la porte ouverte à la défaite.

Nous verrons si la politique menée par Nicolas Sarkozy a porté la hache dans l'électorat du gros paour que vous savez, c'est possible ; mais quand cela serait, ne crions pas victoire trop vite, nous n'en serions sûrs que le soir du premier tour. Partons en campagne avec l'idée, d'un FN puissant, d'une extrême-gauche à ne pas souhaiter unie.


"L'honneur, le bon sens, l'interêt supérieur de la patrie", soixante ans ont passé, mais le bien public n'en doit pas moins être le but de tout acte politique
Ceci dit, que faire ? se rassembler.

Les partis dits de gouvernement, les partis qui soutiennent la liberté, les institutions de notre République, et une certaine idée de la France ont le devoir de chercher, dans l'honneur et par le dialogue, l'unité de leurs familles politiques, afin de garantir à leurs concitoyens un débat libre, ouvert, respecteux.

Mme Royal et M. Sarkozy ont actuellement une position privilégiée au sein de leurs familles politiques, ils doivent agir en ce sens.

P. S. Je viens d'apprendre que, dans un entretien à paraître demain, dans Le Figaro, le Premier ministre aurait déclaré, La victoire passe par le rassemblement, et Sachons entendre toutes les idées et faire une place à chacun. La voie est là,Where there is a will, there is a way.

Nous prenons le tournant.

Libellés :

L'Occupation la plus noble dans la paix



Le Parti socialiste nous a donné un bel exemple de démocratie interne et de responsabilité, et s'est plutôt grandi, par ce dernier débat. Certains disent qu'un tel étalage pourrait lui nuire, je ne le crois pas ; regardons les choses en face, ce débat a fait revenir sur le devant de la scène un parti agonisant, traîné neuf fois le long des Maréchaux, par l'UMP, comme Achille par Hector.
Enfin, le voilà réuni, aguerri, prêt au combat.

Un temps où le Président de la République avait 48 ans, et où de nombreuses réformes étaient entreprises.




Ségolène Royal, tel VGE en 1974, a joué son va-tout, sachant pertinemment qu'elle se ferait écraser sans pitié aucune au lendemain d'une défaite ; comme Valéry Giscard d'Estaing, elle a gagné, et ne pourra plus jamais être totalement écartée du jeu politique.
Si elle remporte l'élection, en 2007, il risque d'y avoir de légères turbulences, au PS.

Libellés :

vendredi, novembre 17, 2006

"Je remercie les horreurs"

Ce message n'est qu'une annexe du précédent.

Ségolène Royal est certes critiquable, mais je dois reconnaître qu'une personne capable de prononcer un discours tel que celui de Melle n'est pas n'importe qui ; quel verbe ! quel entraînement depuis quelque temps !

Caricature parue dans Le Canard Enchaîné

Tant qu'à être dans l'éloge, continuons, avec un très bel extrait du Projet socialiste.

JPR avec Pécresse, lors d'un débat, à Versailles, en janvier.

Ensuite, pour appuyer mes dires sur l'union de l'UMP, je fais appel à Raffarin, ou plutôt à l'entretien qu'il a donné au Parisien, le 9 novembre (au format PDF), extraite de son blog, Les Carnets de JPR.

Précisons que l'ancien Premier ministre ne se rallie pas au vainqueur incontesté en espérant qu'on lui prodigue des places ; il m'avait déjà vanté, au printemps dernier, en pleine gloire de Villepin, le rassemblement autour "de celui qui sera le meilleur candidat pour 2007".

Finissons sur une note amusante ! Le sens de la formule.

Libellés :

"France expects every man to do his duty"

Ce n'est plus un vote, c'est une surprise ! Le score atteint par Royal, élevé, représente une belle victoire de ses partisans ; en est-ce pour autant une du Parti socialiste ? Il est difficile de tirer des conclusions hâtives.
Son arrivée très récente dans les premiers rangs politiques, et partant le fait qu'elle ne soit pas encore quelqu'un, peut sembler un handicap dans la période de rassemblement qui s'ouvre, voire jeter un doute sur sa capacité à le faire ; mais ses succès des derniers mois dénotent un certain art de la politique.
D'aucuns parlent de vague médiatique (loin de moi l'idée de les contredire) ; mais cette vague fut utilisée, et avec brio, par la Présidente de la Région Poitou-Charentes. D'autres évoquent la longueur et la difficulté d'une campagne présidentielle ; ils mésestiment peut-être la force que donne l'ambition, les soutiens, et une suite de succès. Cette campagne n'est pas encore gagnée pour les socialistes, loin de là ; le Parti socialiste n'en demeure pas moins le second parti de France.

Après des hésitations sur les photos de Royal illustrant ce message, j'ai opté pour la diversité ; et la gentillesse, j'en possède une ou deux moins amènes. Clockwise from left, à l'ENA, dans le cénacle élyséen, le bon goût.
Je suis souvent agréablement surpris (quoique je ne sois pas vraiment surpris) par les commentaires laissés par de nombreux internautes, sur le site du Monde, et de quelques autres journaux. Souvent, quand un journaliste cède à la facilité de la caricature, du lieu commun, ou de l'ignorance, il se voit contesté, et se fait parfois même indûment tancer.
Certes, me direz-vous, les lecteurs du Monde sont des gens très particuliers, des intellectuels ; je ne peux parler de bon sens populaire. Je ne pense pas moins, d'après Siegfried que la plupart du temps, en France, en 2006, "le peuple sait très bien ce qu'il veut, et plus encore ce qu'il ne veut pas."
Tout ceci pour vous dire que de nombreux commentaires, ce matin, sur le site du Monde, critiquaient vertement la candidate du Parti socialiste.
[Avant de poursuivre, message à mes amis partisans de Mme Royale ; je suis content pour vous de cette victoire (mes ponions n'engagent que moi, si j'avais été socialiste, j'aurais voté Strauss-Kahn), qui, pour certains, vous place dans une perspective dorée, avec des entrées en haut lieu, et je vous souhaite bonne chance pour cette campagne où j'aurais peut-être l'honneur de vous contester.]
Ségolène Royal n'est parvenue au premier plan de la politique française récemment, sous le gouvernement Villepin, si je ne m'abuse, et n'est donc pas encore connue ; n'ayant jamais été à la tête d'un (vrai) ministère, n'ayant pas conduit de grande politique, tant au niveau local que national, ayant dit beaucoup de choses et leurs contraires depuis quelques, mois, l'on ne sait si elle serait à la hauteur de la plus haute charge, ni ce qu'elle en ferait.

Elle était belle, dans sa jeunesse...

Pour autant, le peu qu'elle fit, et ses récentes déclarations ne m'incitent guère à l'approbation ; je pensais, il y a quelques mois, que Royal rénovait un parti engoncé dans une rhétorique du passé et un confort bo-bo, assez éloignés d'un peuple que l'on prétendait défendre. Les positions prises depuis par la Présidente de la Région Poitou-Charentes me semblent pernicieuses.
Les socialistes ont-ils voté sur une image ? est-ce là démagogie ? je ne ferai pas de procès d'intention dans ce message, la méthode me répugne un peu. Je me contenterai de discuter rapidement de deux de ses propositions ; et d'ajouter que sa façon de faire de sa féminité un argument politique est très éloignée de la conception que j'ai de cette même politique, même Le Pen ne met pas en avant un tel communautarisme, il parle des immigrés, et non des non-blancs.

...mais quel goût ! (photos issues du site du Monde)

Que penser d'un encadrement militaire des jeunes délinquants ? Cela semble dangereux et facile ; car c'est facilité que d'abdiquer à l'armée le gestion des problèmes sociaux ; car c'est danger que de faire faire le travail de la Police par des militaires, cela casse leur image auprès du peuple, et mine l'autorité de l'Etat. Le dernier exemple d'une telle mesure est celui des évènements d'Algérie, quand on a pensé qu'il suffisait d'envoyer l'armée pour combattre des terroristes ; quelle efficacité !
Comment approuver la création de jurys citoyens ? le seul jugement démocratique des élus est celui des urnes ; un verdict rendu par quelques dizaines de citoyens tirés au sort perdrait, dans notre démocratie, toute légitimité.
Sauf évènement extraordinaire, tel un 21 avril à l'envers, le PS n'a pas encore ma voix.
Il va falloir que l'UMP sache s'unir afin de l'éviter, elle le doit aux Français ; après le 14 janvier, si les sarkozystes, comme cela est très probable, devaient être en majorité, ils auraient le devoir de faire les premiers pas. Que dis-je ? ils en ont le devoir dès à présent, la nuit dernière doit être un catalyseur, et cette unité se faire tant sur les hommes que sur les idées.
Il leur faut faire une place aux villepinistes, et aux idées qu'ils véhiculent.
J'ai écrit un roman, je vous laisse.

Libellés :

lundi, novembre 13, 2006

"Le Pouvoir n'use guère que ceux qui en sont privés"

Hier était le 376ième anniversaire de la Journée des Dupes ; cela ne semble pas très sexy, dit comme cela, mais si l'on considère que le vote des militants socialistes aura lieu dans quelques jours, cela change tout. Assisterons-nous à une nouvelle Journée des Dupes ? verrons-nous, nous aussi, la situation politique se renverser, l'avance de Mme Royal devenir plus ténue que ce que semblent montrer les media ?
La Journée avait vu Marie de Médicis défaite par Richelieu en plein Luxembourg, le 16 novembre verra peut-être la Présidente de la Région Poitou-Charentes triomphante.


Le potrait officiel, improvisé par Gisèle Freud ; je le trouve fascinant, il est l'image même de l'Homme d'Etat, du Mitterrand parisien et cultivé. Tout, du lieu à la reliure du livre, en passant par le front éclairé, tout est là ; rien ne manque. L'homme avait ce sens de la formule, de la mise en scène, de l'Histoire qui n'appartient qu'aux grands esprits ; qui ne se souvient pas du Panthéon ?
Source, RFI
Ayons, en ce moment, une pensée pour ce fascinant personnage qu'était Mitterrand ; qu'eût-il dit ? peut-être, pour parodier un mot rapporté par Michel Rocard, Il n'y a pas de parti socialiste, il n'y a que des héritiers de François Mitterrand. Oui, car tous les socialistes lui doivent l'importance de leur parti, de nos jours ; mais en allant plus loin, qui accompagna les premiers pas politiques de Laurent Fabius ? et de Ségolène Royal ?
Dominique Strauss-Khan, lui, eut pour ancien tuteur Jospin, mais Jospin doit beaucoup au Florentin.

J'évoquais, tout à l'heure, le projet de l'UMP ; il sera intéressant de voir en quelle mesure il sera modifié, à partir de jeudi. La suppression des certaines mesures, contestées par les centristes pouvant constituer un pas vers eux, et vers l'union que prône J.-P. Raffarin ; le principe des peines plancher, par exemple, pourrait être abandonné.
Ce serait là, de surcroît, la reconnaissance du principe de l'individualisation des peines ; il serait rassurant que la majorité le fasse.


Libellés : ,

"Pends-toi, brave Crillon"


François Fillon était vendredi à Londres où, dans un salon d'hôtel de Pall Mall, il exposa les grandes lignes de l'avant-projet de l'UMP pour les échéances à venir.
Il fut, dans l'ensemble, assez convaincant, ses talents d'orateur et une assisstance gagnée à sa cause aidant ; il n'y avait guère de Chiracquiens parmi les invités, la ville ne s'y prêtant pas.

A l'Assemblée, en mars 2006. Il n'y a pas de photos de la réunion, désolé ; j'avais oublié mon appareil.


Bien sûr, ce n'est pas même là un projet (les conseillers nationaux ne devant se prononcer que jeudi), et rien ne dit qu'il ne sera modifié avant les élections, ou après, si l'UMP les remporte, afin d'être appliqué dans la concilliation et le respect de l'adversaire ; mais cela permet néanmoins de se faire une assez bonne idée de ce à quoi s'attendre, dans l'optique d'une victoire de la majorité, l'an prochain.

Le principal concept nouveau qu'il développa fut la masse critique de réformes à accomplir après les élections, comme opposé à la réforme tranquille du gouvernement Raffarin ; c'est la la traduction dans les faits de la rupture, montrer aux Français, et particulièrement à ceux qui s'en détournent, que la politique peut véritablement changer la vie*. Ceci aurait, de surcroît, l'avantage, pour le gouvernement, de ne conduire qu'à une seule confrontation avec les syndicats, au rebours de la politique critiquée.

Autre grand axe souligné ce soir là, la réforme des institutions, comprenant un renforcement des pouvoirs du Parlement, notamment en terme de contrôle de l'action gouvernementale, ou de l'administration ; un récent rapport parlementaire n'y est sans doute pas étranger.

A propos, il semble que depuis ce rapport, Philippe Séguin s'excite, depuis ce rapport ; le Premier président de la Cour des Comptes met en marche ses réseaux afin d'éviter le rattachement de son institution au parlement. Certains le taxeront sans doute de corporatisme (quoique cela n'ait pas filtré dans la presse, l'on se contente d'en parler dans les milieux parisiens), mais je pense qu'il a raison ; il est important d'avoir une juridiction indépendante pour contrôler les comptes de l'Etat.

C'est justement le rôle que l'on veut faire tenir au parlement, me direz-vous ; certes, et il est bien qu'il le fasse, mais le parlement est une institution essentiellement politique, et politique n'est pas toujours signe d'objectivité. En ce sens, il est important d'avoir, en plus d'instances politiques, certains lieux où l'on se décide sans positions partisannes ; à la Cour des Comptes ou ailleurs, peut importe, mais il importe que le lieu existe.

* La formule employée ici, vous l'aurez compris, n'est pas de M. Fillon.

Libellés :

mercredi, octobre 25, 2006

"Une Fête en Larmes




Hier soir, peu avant une heure du matin, attendant le dernier train de banlieue, sous la marquise ruisselante d'une petite gare, je songeais à l'espace, ou plutôt le temps, qui me sépare d'une époque, d'un chaud été parisien, où j'attendais tous les matins l'un des premiers RER, sous une marquise toute pareille ; il y en a tant, le long de cette voie, datant de l'époque où l'on parlait de la Ligne de Sceaux.
Vous aussi, vos dix-huit ans, votre terminale ne vous semblent-ils pas loin ?
J'ai perdu, en deux ans, bien des illusions. La vie est une succession de brillantes déconvenues. Que disait Jean d'Ormesson ? une fête en larmes.


Il est bien vrai que j'aime plus la fraîcheur d'une matinée d'automne ventée, quand les feuilles mortes du Boulevard Saint-Germain sont soufflées par un air sec qui dégage un ciel pur en bouffant vos cheveux et rabattant les pans de votre manteau, que l'étouffement d'un après-midi d'été, quand votre chemise colle à la peau, que le bus est à peine supportable, le métro inenvisageable, et que, installé au Luxembourg pour y chercher un peu d'air, vous plongez dans les nuées de poussière soulevées par tant de pieds battant les allées, ou dans celles de pollens qui vous prennent au nez, pour en sortir enfin, le cirage de vos souliers irrémédiablemet gâté par cette poudre blanche du Luco.



Jean Bruno Wladimir Lefèvre d'Ormesson, l'un des plus excellents auteurs de notre temps.


Le comte d'Ormesson, pour en revenir à Sa Transcendance, relate dans Au Plaisir de Dieu une amusante anecdote sur Susthène, peut-être arrivée à son propre aïeul qui se serait précipité, un jour de chaleur où il était vêtu plus que de raison, sur un étalage de mouchoirs, au Bon Marché, et les aurait un à un trempés, devant des vendeurs interloqués.



Tout ceci est bel et bon (quoique), mais pourquoi ce post ? je voulais parler un peu de certains faits politiques anglais.

L'Angleterre, en effet, et avec elle le Royaume-Uni, est confrontée à bien des enjeux qui sont les nôtres ; libertés publiques menacées par le Parlement, intégration de certaines populations à la nation, retour en force du religieux dans la société, ou plus généralement interrogation sur la place de notre patrie dans le monde actuel, de nombreux phénomènes nous sont communs.

Je ne discuterai pas ici de ces points, nous aurons sûrement l'occasion d'y revenir amplement avant le 6 mai ; je voudrais juste faire quelques rapprochements.

Je suppose que tous les lecteurs de ce mot, même en Afrique du Sud ou à Taïwan ont dû lire un entrefilet concernant des propos du chef de la majorité aux Communes, M. Straw. En effet, le Bernard Accoyer britannique a déclaré, dans un journal local, qu'il trouvait le port du niqab gênant pour les contacts intercommunautaires, déclenchant ainsi de nombreux débats, dans tout le pays ; hier, par exemple, des étudiants distribuaient des tracts, sur le campus, invitant à un rassemblement, à Westminster, pour défendre Muslim women's right to dress as they like.

Un journaliste de The Independent en vint même à titrer l'un de ses articles So were the French right all along ? Notons seulement que le row en question concerne ici un type particulier de voile islamique, peu courant en France, et qu'il se concentre sur les rapports entre communanautés, et non la liberté des jeunes filles appelées à le porter, voire sur la laïcité, principe dont le schisme de Henry VIII a ôté la nécessité.

Remarquons également le procès d'un homme accusé d'avoir euthanasié sa femme, au moment même où un autre semblable fait, en France, la une des journaux.

Le tableau ne serait pas sincère si je n'évoquais, par delà ces similitudes essentielles, une différence contingente.

Au rebours du Gouvernement de la France, le Cabinet Britannique s'est engagé bien inconsidérément dans la fondrière d'Irak ; son peuple s'en mort les doigts. L'on ne compte plus les déclarations d'officiels, de politiques, de journalistes condamnant cette guerre ; hier encore, j'ai pu lire dans un article de quotidien, we have done much more harm to the Iraqi people than Saddam did.

Qu'est-donc allé faire le Royaume-Uni de Cook et de Lord Mountbatten dans cette galère ? S'il y a une nation, en dehors de la France, qui a maintes fois démontré son art de la guerre sur tous les continents, qui bénéficie d'une immense expérience des colonies, dont la puissance n'a d'égale que l'habileté, c'est bien le royaume de Pitt et de Churchill.

Que l'Amérique ait toujours eu du mal à faire la guerre, suite à une certaine méconnaissance de l'étranger et à une tendance à ne pas savoir confondre le politique et le militaire, à ne pas savoir déterminer les limites d'un engagement est évident depuis Diplomacy de Kissinger ; que le Royaume-Uni ait pu la suivre dans ces errements, entraînant avec lui tout un peuple dans le deuil, l'exil, la guerre civile est plus qu'une erreur, c'est une faute.

Ces revers au Moyen-Orient sont, avec le projet de réforme de la Chambre des Pairs, les deux sujets principaux de l'actualité, cette semaine.

Ce projet, maintes fois repris depuis le Bryce Comitee de 1948, repose sur une volonté de rendre tout ou partie de la Chambre éligible au suffrage universel direct ; ceci, avec la suppression de la fonction judiciaire des Lords of Appeal, et leur remplacement par une cour suprême, constituant les deux pilliers d'une réforme entamée par les House of Lords et Constitutionnal Reform Acts de 1999 et 2005.

Nul doute que tout cela soit issu de bonnes intentions, mais faire désigner certains pairs par le gouvernement, quand d'autres seraient élus conduirait immanquablement, dans un régime fondé sur la démocratie, à affaiblir la légitimité des premiers ; quant à les vouloir tous élus du peuple, ne serait-ce pas là s'enfoncer dans les délices des débats sur l'utilité même de la chambre haute, tels qu'ils ont miné la politique de notre pays, depuis Sieyes et Clermont-Tonerre ?

Tout ceci est bien long, je vous laisse.

La photographie de J. d'Ormesson provient du site des Editions Robert-Laffont ; je profite de cette sorte de post-scriptum pour vous signaler, suite à certains de vos courriels, que le texte du projet de loi dont je vous parlais dans un dernier post est, bien évidemment, disponible sur le site de l'Assemblée.


Libellés : ,

vendredi, octobre 13, 2006

"Je n'ai point d'autre orgueil que la liberté"



Les députés à l'Assemblée nationale, réunis hier matin au Palais-Bourbon, ont adopté une proposition de loi tendant à réprimer la contestation de l'existence du génocide arménien.


Cette proposition de loi, initiée, soutenue et votée par le Parti socialiste, est indigne de la France comme elle l'est de tout peuple libre.


Indigne, car la France a des valeurs ; de Clovis jusqu'à de Gaulle, notre patrie s'est toujours montrée plus libre, plus tolérante, plus respectueuse de la Personne humaine que bien des autres.

Rester fidèle à l'Esprit de la France, ce n'est pas se complaire dans une vision partiale du pouvoir, chargé de châtier ceux qui ne pensent pas comme ceux qui l'ont, c'est garantir les valeurs de la patrie, l'Etat de droit, et ceux du citoyen.

Or, garantir ces valeurs, l’Etat de droit, c’est commencer par respecter la Constitution ; depuis le 16 juillet 1971, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en fait partie.
N’énonce-t-elle pas que la loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société (art. VIII) ?

Tant que l’on n’appelle pas au crime, l’on doit, en France, pouvoir dire ce que l’on pense.



Marat, le fanatique des Cordeliers
Source, Thiers, Histoire de la Révolution française, Paris, Furne, 13ème éd.
Image numérisée par le Centre d'Histoire du Droit de l'université de Rennes-1
J'eusse aimé présenter une belle photo de la statue de Danton, a l'Odéon,
que j'avais prise il y a un certain temps, mais mon ordi vient de trouber en panne.



Etre Français implique des droits, mais aussi des devoirs, au premier rang desquels le respect des institutions ; être Français, c’est un désir de vivre ensemble, de tendre au bien commun, un sentiment d’appartenir à une communauté de destin, non d’oppresser son voisin.


C'est en ce sens que, pour un Français, cette loi est infâmante.


Après le vote, les parlementaires ayant approuvé le texte se sont levés et tournés vers les tribunes, d'où le public a joint ses vivats à ceux des manifestants restés sur le quai.

Le peuple intervenait en pleine Assemblée, les députés semblaient abandonner leurs mandats, voilà l'hydre du 2 juin 1793 ; mais la Convention cédait aux canons d'Hanriot, quand les députés ne plient que sous leur fanatisme.
Il est heureux qu’il se soit trouvé d’éminents historiens et de courageux parlementaires pour s'en indigner, il y aura toujours un Dufourny de Villiers pour moquer Robespierre.

Libellés :