mercredi, mai 23, 2007

Ce qu'il y a de plus noble en l'homme face à la barbarie

Le président Sarkozy a été investi, et je ne parle guère que de sa photographie officielle ; il convient de réparer cela, d'autant plus que la cérémonie fut mémorable.
Marquante, en effet, non pas tant par le décorum élyséen, qui, quoique réussi, n'ajouta rien à 1974 ou 1981 ; je m'étais laissé dire que le nouveau Président recevrait le Collier dans le Salon des Ambassadeurs, il n'en fut rien.


Le marquant, le hautement symbolique fut la commémoration du massacre de la Cascade , le rappel des martyrs de la Résistance. Là ressurgit le sens du symbole, de l'hommage, de la dignité que possède le Président de la République.

Un tel hommage, en un tel instant, me toucha ; je n'ai pu me déprendre d'une certaine émotion en entendant les mots de Guy Môquet, puis ceux du Président, résonner sous la futaie de Boulogne.

Enfin, signe de la fin d'une époque ? après le décès de René Rémond vient celui de Pierre Gilles de Gennes, autre fleuron de la République intellectuelle de notre pays ; un tel chercheur, une telle culture est rare, et fait honneur à l'homme.

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On n'est jamais satisfait du portrait d'une personne que l'on connaît bien

Certes, je suis loin de bien connaître notre nouveau président, ne l'ayant guère rencontré que deux fois, tirant essentiellement ce que je sais de lui, de ses discours, écrits, d'écrits sur lui, ou de révélations de ceux qui l'ont connu ; le mot de Goethe ne me semble pas moins vrai, je ne suis certes pas satisfait du portrait officiel de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa.


Loin de moi l'idée de blâmer le photographe ; le modèle et son entourage sont seuls responsables de la pause, l'éclairage, lui, me semble bien fait. Les commentaires ont déj à fusé sur la veste trop grande, les drapeaux tout autant ; je n'évoquerai que la position, raide, le bras gauche, inerte. N'eût-il pas pu croiser les bras, prendre un livre, tel Mitterrand ?
Il est étonnant que le Président de la République, si habile dès lors qu'il s'agit d'user de symbloes et d'évoquer l'âme de la France ait manqué à ce point l'effet de son portrait. Puisse-t-il ne pas manquer son mandat.

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jeudi, mars 01, 2007

Cette verrière a vu dames et hauts barons

Nonobstant mes dernières déclarations sur le peu de temps dont je dispose, voici quelques photos de la petite ville de Chisester, que j'ai visitée samedi dernier, avec Joan et Juan (cela ne s'invente pas).
Une église dont j'ai malencontreusement oublié le nom, à Newhaven,
un petit port enserr
é dans l'agglom
ération de Brighton.

Chcichester, quoique ne devant guère comprendre plus de 20.000 habitants, possède une très belle cathédrale du XIIème, commencée en style early english (roman tardif), et achevée en style perpendicular (ogival) ;
à l'époque où Maurice de Sully posait la première pierre de Notre-Dame, elle était déjà presqu'achevée.

Une enseigne typiquement anglaise, dans une rue de la vieille ville.


Le cloître de la cathédrale, si calme ; l'on y verrait presque passer un moine songeur, marchant à pas menus, plongé dans quelque ouvrage de Lammenais.

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mercredi, février 28, 2007

Il en va de l'avarice comme de la luxure, elle augmente avec la possession des plaisirs

Montesquieu eût pu dire la même chose de la paresse, dont j'ai eu le plus grand mal à me départir, pour reprendre le fil de ce blog. Le tenir à jour prend, en effet, un temps considérable, qui m'est un peu plus compté, d'ici les vacances de printemps ; les examens, et des *** d'essays à rendre sauront, en effet, l'occuper.

Depuis ma dernière note, beaucoup d'événements ; du passage de Nicolas Sarkozy en meeting à la paralysie de l'économie sous 7,5 cm de de neige (on croit rêver), en passant par mon anniversaire, le 3 février (fêté dans un restaurant de Londres), et une courte visite de Portsmouth (il me fallait voir le Victory).

Enfin, ô Fabricius ! l'ignominie, dont il est étonnant que Matthieu, pourtant si proche de Newport Beach, à Irvine, ne se soit pas fait l'écho ; Fox a décidé d'arrêter la production de the O. C., laquelle vit donc son dernier épisode diffusé le 22.

Les principaux acteurs de the O. C. ;
Paco, alias Alan Brody, est le teenager aux cheveux noirs
.


Quelle tristesse, une série agréable, regroupant de bons et jeunes acteurs ; Ben Mckenzie et Adam Brody sont une garantie pour le futur d'un certain cinéma américain ; et que dire de la beauté de Mischa Barton ?



Enfin, la seule série qui m'ait jamais plue, et il a fallu Mckenzie et Brody pour cela ;

But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red!
the O. C. est finie, nous n'en aurons que plus de plaisir à retrouver ces acteurs dans divers films, et peut-être d'autres séries.
Benjamin Mackenzie lors de la dernière Convention démocrate ;
soutenant Kerry de surcroît,
cet homme a vraiment toutes les qualités.
Oui, bien sûr, il y a Montaigne, et il y a the O. C. ; la vie est à l'image de l'Homme, "divers et ondoyant".

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lundi, janvier 22, 2007

Homo sum, homini nihil a me alienum puto


Je voudrais aujourd'hui saluer un geste du président de la République. Certes, ce blog n'a pas vocation à se contenter de commenter l'actualité, non plus qu'à constituer un panégyrique de M. Chirac ; mais son discours en hommage à ceux qui, en France, sous Vichy, ont protégé des juifs au péril de leurs vies était digne et beau.

A Auschwitz, en 2005

Aux grands Hommes, la patrie reconnaissante ; il est juste d'en témoigner à ceux qui, face à une entreprise d'asservissement de la personne humaine, ont été, à leur façon, l'image de ce qu'il y a de meilleur en l'homme, l'honneur de l'humanité.

Ces hommes, ces femmes n'ont pas laissé de grande oeuvre, n'ont pas été hommes d'Etat, n'ont pas laissé leurs noms dans l'Histoire ; mais ils ont suivi, nonobstant la difficulté, la sentence de Montaigne, tout homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition ; Il y a de la grandeur dans ce geste.

"

Il y a 65 ans, dans l’Europe presque entièrement asservie, la barbarie nazie décide l’exécution de la solution finale. Une idéologie effroyable fait régner la terreur : une idéologie raciste, fondée sur cette croyance criminelle et folle selon laquelle certains hommes seraient par nature "supérieurs" à d’autres. Et cela, au cœur d’un continent qui se considère comme l’aboutissement de la civilisation…

[...]

Il y a les ténèbres. Mais il y a aussi la lumière. La France affamée, terrorisée, coupée en deux par la ligne de démarcation, est étourdie par l’ampleur de la défaite. Mais très vite, des voix s’élèvent. Dès le 11 novembre 1940, de Gaulle écrit de Libreville au Congrès juif mondial que le statut des Juifs n’aura aucune validité dans la France libre. Il fustige la violation, par Vichy, "des principes de liberté et de justice égale, sur lesquels la République française était fondée". Puis, dans le pire effondrement de notre histoire, alors même que la Wehrmacht semble encore invincible, des Françaises et des Français en très grand nombre vont montrer que les valeurs de l’humanisme sont enracinées dans leurs âmes. Partout, ils accueillent, cachent, sauvent au péril de leur vie des enfants, des femmes, des hommes, persécutés parce qu’ils sont Juifs. Dans ce cauchemar éveillé que les Juifs vivent depuis 1940, la France, leur France, à laquelle ils ont cru si intensément, n’a pas disparu. Dans les profondeurs du pays, une lueur d’espoir se fait jour. Elle est fragile, vacillante. Mais elle existe.

"

Il y a les ténèbres, mais il y a la lumière ; loin du pessimisme de 1995, cette phrase est un élan d'espoir et de foi en l'avenir, une leçon de celui qui quitte la plus haute charge.

Jacques Chirac s'en va sur un message digne.

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mercredi, janvier 17, 2007

För Sverige I Tiden

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin, et regardons vite la suite des vacances, avant que la lassitude ne me gagne.

D'Helsinki, donc, je pris le ferry pour Stockholm ; après quelques tours ethnologiques dans les différents endroits où les finlandais vont se saoûler, le temps d'une traversée, je me calai dans un fauteuil (les cabines étant bien plus chères), à côté d'un norvégien rentrant d'un tour de Finlande, et d'une suisse, faisant de même.
La nuit se passa sans encombre, si ce n'est l'arrivée bruyante, dans notre salle, de Français, plus préoccupés de leurs petites personnes que du sommeil des autres ; après avoir allumé la lumière, parlé à voix haute, et surtout retiré leurs chaussures (Ach, l'odeur), ils se calmèrent.
Réveil tôt le matin, sortie sur le pont, couvert d'une épaisse plaque de glace ; le soleil se levait sur la baltique, entre les innombrables îles qui sont devant Stockholm. Souvent, elles présentent sur leurs rivages un chapelet de ces maisons de bois rouges qui évoquent tant le Nord. Toutes avaient une estacade, seule voie d'accès en dehors des mois de gel.
Lever de soleil sur la Baltique
L'une de ces îles aux maisons rouges
Le Nord, certes, mais celui-ci n'était pas le même, les notes si étranges du Pohjola finlandais se muaient en sons plus gutturaux du Norden suédois.
Enfin, je débarquai au port de Stockholm, passai un coup de fil à Julie, et sautai dans le métro, n'ayant qu'une hâte, prendre une douche et me changer.
Vue aérienne de Gamla Stán
A propos, après moult hésitations, j'ai fini par tester le sauna ; il eût été dommage de partir sans cela. L'impression de propreté et le coup de sang que cela vous donne est très agréable, mais je le déconseille au gens introvertis et aux natures sensibles.
S'ensuivit la visite de la Venise du Nord, très riche cité, aux splendides collections. Je vis aussi Julie, ainsi qu'une de ses amies, visitant un marché de Noël, à Skansa, et y goûtant, comme à Helsinki, toutes les spécialités locales me tombant sous la curiosité ; j'ai plus mangé en huit jours qu'en quinze jours normaux.
Un jour est court, hélàs, et je dû partir dès le lendemain, sans même avoir le temps de faire un saut au Vasa, moi qui adore l'Histoire du XVIIIème (plaignez-moi).
Vue de Skansa, en direction de Gamla Stán
Après un léger souci de car (au Cityterminalen, la gare routière (Eh oui, le suédois, pot-pourri d'Anglais d'Allemand, est bien plus compréhensible que le Finlandais), lorsque le car pour Stavska Airport arrive, on le remplit, puis lorsqu'il n'y a plus de place assises, Förgot, Förgot, l'on fait circuler les pauvres pékins qui demeurent sur le quai, le prochain car étant dans une demi-heure), après avoir, disais-je, laissé passer un car, je pus monter dans le mien.
L'aéroport de Stavska est à 95 km de la capitale, ce qui fut l'occasion d'une découverte de cette campagne enneigée.
Quelques heures après, ayant survolé le Danemark, le nord des Pays-Bas, et la vaster mer de nuages qui était au sud, je me posai à Beauvais, de retour en France, dans la brume et la grisaille.
Un peu de car jusqu'à la Porte Maillot, et me voilà rentré à Paris.
La suite de mes vacances fut plus classique, Noël en famille, à Grenoble, un peu de ski, rino-pharyngite, et donc fin des projets de réveillon du 31 avec des amis, convalescence, avion pour Gatwick, suite de l'année scolaire.
Cette semaine, un peu de travail ; dans quelques semaines, d'autres voyages.
L'an prochain, la suite de Sciences Po.

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samedi, janvier 13, 2007

Kiitos !


Kiitos, merci, tout d'abord, à tous ceux qui prennent de leur temps pour un blog aussi affligeant.
Merci à tous mes amis qui m'ont encouragé à le reprendre ; sans eux, il serait mort.
Enfin, puisque je fais ce poste pour raconter mes vacances, dont le début fut nordique, un merci tout particulier à Pim, âme de ce voyage.

Par où recommencer ? de l'aéroport de Londres-Stansted, le 12 décembre 2006. Il pleuvait, ce jour-là, comme tant d'autres en ce pays.
J'avais traîné dans un café de Covent Garden avec une amie, Joan, pris le bus numéro 11 jusqu'à Liverpool Street station, et le train pour l'aéroport ; je me trouvais dans ce hall, le sourire au coeur et le plaisir à l'âme.
Ainsi commençaient mes vacances.

Arrivée à Tampere, deuxième ville de Finlande, avec seulement 300.00 habitants ; mais il est vrai que dans un pays de 5 millions d'âmes, cela fait beaucoup. Deux heures de car, et me voilà 180 kilomètres plus au Sud, à la gare centrale d'Helsinki (Rautatientauri). Je rencontre Pim, il est deux heures du matin, nous rentrons chez lui.

Hakaniemi (la place du Marché), vue du msée d'Art moderne ;
il est trois heures moins le quart, la nuit tombe.


Quelle splendide ville qu'Helsinki ! des rues du vieux centre au Musée d'Art moderne, de la cathédrale blanche au café Fatzer (fameux pour ses chocolats, tout aussi fameux), de ses splendides jeunes filles à ses nuits cosmopolites, j'ai appris à aimer cette ville.

Le port, vu du ferry pour Suomenlinna
de la ville surgit le dôme de la cathédrale.

Le palais du Sénat, sur la place centrale (Kaisaniemi)
Le Sénat, comme son nom ne l'indique pas (phrase à la Duhamel), est le Conseil de Gouvernement
La Cathédrale blanche se trouve sur notre gauche, au somment d'unne volée de marches,
à droite, une rue mène au port.

Le débouché de l'esplanade sur le port.


Deux choses m'ont d'abord surpris : le fait que toute inscription, dans le sud du pays, soit bilingue, finnois et suédois, la minorité suédophone ne représentant pourtant guère plus de 7% de la poulation ( la population finnophone des îles d'Åland n'a pas cette chance ) ; et l'architecture de la ville, le centre historique étant très peu étendu, le reste alternant entre ordres troisième Reich, stalinien, et pompidolien.

La Cathédrale blanche, symbole de la ville.


Les jeunes femmes aussi, pour répondre à Tanguy ; j'ignorais qu'il y eût tant de femmes splendides au delà des Maréchaux. Un rêve quotidien, mais presque inaccessible ; pourquoi faut-il, mon Dieu, que les plus belles soient toutes avec de pauvres laids, parfois croisement subtil entre le chale et le vieux ouèche-ouèche (ceci n'ayant aucun rapport avec leur physique) ?

Tanguy, car j'ai pu revoir nos trois erasmus de Sciences Po, qui donnaient la coutume locale : finlandia et paquets ramenés d'Estonie ou de Russie. Il faut dire que l'alcool vendu en Finlande, dans des magasins d'Etat, est plus cher qu'au Royaume-Uni (c'est dire).

La statue de Karl Gustaf Emil, vapaaherra Mannerheim (Charles Gustave Emile, baron Mannerheim), le plus francophone de tous les suédophones finlandais.
Au fond, le palais du parlement, en plus pur style speerien.


Enfin les trois temps forts de ce séjour (outre le passage obligé devant la statue de ce cher Maréchal Mannerheim) furent la visite des Suomenlinna, la fête de la Sainte-Lucie, et un accident qui nous est arrivé, ou plutôt, qui est arrivé à Pierre, au Café Esplanadi (nous ne parlerons pas des mauvais souvenirs).

Le voilà, ce fameux palais, chef d'oeuvre de l'architecture nordique.
La photo est floue ? c'est dû à des petits problèmes d'obturation.


La fête de la Santa Lucia, tout d'abord, moment important du calendrier nordique, est l'occasion, à Helsinki, de très beaux chants (entonnés par de charmantes chanteuses) dans la Cathédrale blanche, suivis d'une procession.

La procession sortant de la cathédrale
Les deux photos suivantes montrent le cortège dans la nef, puis descendant les marches menant à Kaisaniemi


Vue aérienne de l'archipel, prise depuis le Sud
Au fond, la ville d'Helsinki, et le ferry de la Viking line entrant au port


L'archipel de Suomenlinna, situé à la sortie du port, fut fortifié par l'armée suédoise, en 1748, pour protéger la côte du royaume, sur le golfe de Finlande ; la forteresse de Viapuri (elle ne sera renommée Suomenlinna qu'en 1918, Sveaborg en suédois), impressionnant enchevêtrement de fortifications enneigées qui, sur ces basses îles de granit usées par la glace, semble surgir des flots figés de la Baltique, servit notamment contre la Russie, en 1808, et, devenue russe, contre les escadres françaises et britanniques, durant la guerre de Crimée.

L'un des bâtiments du port de l'île principale

Le village.

Paysage de la Baltique, rochers usés et mer figée, sous un ciel d'acier.

L'entrée du port en période de gel.


Je n'ai qu'un seul regret, ne pas avoir vu la mer gelée.

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lundi, novembre 13, 2006

"Le Pouvoir n'use guère que ceux qui en sont privés"

Hier était le 376ième anniversaire de la Journée des Dupes ; cela ne semble pas très sexy, dit comme cela, mais si l'on considère que le vote des militants socialistes aura lieu dans quelques jours, cela change tout. Assisterons-nous à une nouvelle Journée des Dupes ? verrons-nous, nous aussi, la situation politique se renverser, l'avance de Mme Royal devenir plus ténue que ce que semblent montrer les media ?
La Journée avait vu Marie de Médicis défaite par Richelieu en plein Luxembourg, le 16 novembre verra peut-être la Présidente de la Région Poitou-Charentes triomphante.


Le potrait officiel, improvisé par Gisèle Freud ; je le trouve fascinant, il est l'image même de l'Homme d'Etat, du Mitterrand parisien et cultivé. Tout, du lieu à la reliure du livre, en passant par le front éclairé, tout est là ; rien ne manque. L'homme avait ce sens de la formule, de la mise en scène, de l'Histoire qui n'appartient qu'aux grands esprits ; qui ne se souvient pas du Panthéon ?
Source, RFI
Ayons, en ce moment, une pensée pour ce fascinant personnage qu'était Mitterrand ; qu'eût-il dit ? peut-être, pour parodier un mot rapporté par Michel Rocard, Il n'y a pas de parti socialiste, il n'y a que des héritiers de François Mitterrand. Oui, car tous les socialistes lui doivent l'importance de leur parti, de nos jours ; mais en allant plus loin, qui accompagna les premiers pas politiques de Laurent Fabius ? et de Ségolène Royal ?
Dominique Strauss-Khan, lui, eut pour ancien tuteur Jospin, mais Jospin doit beaucoup au Florentin.

J'évoquais, tout à l'heure, le projet de l'UMP ; il sera intéressant de voir en quelle mesure il sera modifié, à partir de jeudi. La suppression des certaines mesures, contestées par les centristes pouvant constituer un pas vers eux, et vers l'union que prône J.-P. Raffarin ; le principe des peines plancher, par exemple, pourrait être abandonné.
Ce serait là, de surcroît, la reconnaissance du principe de l'individualisation des peines ; il serait rassurant que la majorité le fasse.


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jeudi, novembre 09, 2006

"Foutez-moi tout le monde dehors !"

Voici quelques images de la Bonfire night dont je vous avais parlé ; j'ai assisté au fameux défilé de Lewes.

Il faudrait vous parlez de mes cours, m'écrivent certains ; vous vous doutez bien que si le sujet n'avait pas encore été évoqué, c'est bien qu'il n'était pas central dans ma vie.
J'ai, ce semestre, quatre matières, chacune correspondant à deux heures de cours en amphi, et une heure de conférence de méthode par semaine (rythme élevé, j'en conviens, dont Hicham ne doit pas avoir idée).

En fait de matières :
-Public Law, le grand classique, à la Jan plus qu'à la Duhamel, le Droit administratif en plus, mais il est vrai que les deux piliers du Droit public sont confondus, au Royaume-Uni ;
-Law of Tort, pour faire une excursion chez les privatistes, intéressant, mais sans plus ;
-Law and Policy of the European Union, ou comment découvrir l'étendue de son ignorance de la législation européenne ;
Classical Political Theory and International Relations, le cours Sciences Po par excellence, Balans, Colas, et Compagnon tout à la fois.
Les trois premiers se poursuivront jusqu'à la fin de l'année, les second et troisième trimestre voyant apparaître des choses plus prenantes, de l'économie notamment.

Ici, une banderole anti-papiste ; il y avait là des dizaines de milliers de personnes, mais très disciplinées, en un mot, Britanniques.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, les policiers étaient obéis ; le contraste avec la foule qui se presse le soir du Quatorze Juillet, à Bir-Hakheim, après le feux d'artifice, était impressionnant.


Une partie du défilé, comprenant notamment des courses de chariots de feux.

Le plus calme château d'Arundel

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"Certainly not happiness ! Pleasure"

Beachy Head, le cap de Bézeviers
Je vous parlais de la température, je viens d'apprendre par PiM qu'il faisait, samedi dernier, -5 devant sa fenêtre ; je ne suis pas dans la même cour que ceux d'Helsinki.
Le travail m'ayant forcé de rester éloigné de mon blog pour quelques jours, voici un résumé du week-end ; mes parents, que je n'avais presque pas eu le temps de voir à mon retour d'Amérique sont passés me rendre visite, c'était donc très agréable.
En plus du nécessaire (un manteau, un vieux jean, etc.), ils m'ont monté les Mémoires du comte de Tilly, ceux de l'abbé de Choisy, et des chocolats ! un trésor, qui ne m'a d'ailleurs pas aidé à avancer ce foutre d'Essai sur Hobbes.

Des falaises près de Eastbourne

Un grand merci à Hki, s'il lit un jour ces lignes ; son blog est aussi amusant et intéressant qu'il m'a été donné de le connaître (lui, non le blog) ; regard détaché et détachant sur Paris, Bordeaux, l'Allemagne et le Glupistan.

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mercredi, novembre 01, 2006

"Fin de Partie"




Ici, le début du mois de novembre est un temps de fêtes et de célébrations ; ces dernières n'avaient pas commencé que déjà annonceurs et commerçants signalaient leurs produits de Noël.


Vous connaissez Halloween, tradition plus ancienne ici qu'enFrance, influence de l'Irlande oblige, mais pervertie par un mauvais goût qui se décline en soirées où la moitié des femmes a trouvé original de se déguiser en French Maids, l'autre en filles de joie, quand les hommes ont opté pour les vampires d'oppérette ou les vieux T-shirts déchirés et bariolés de peinture ( quand ce n'est pas de sauce HP).
Je publierai sans doute une photo de ma lanterne d'Halloween, si j'en ai le temps.


Notons aussi le 11 novembre, Remembrance Day, précédé d'une campagne de vente de coquelicots de papier, qui fleurissent aux boutonnières, au profit des anciens combattants.


Une de ces fleurs de papier.


Ces Poppy Flowers sont un symbole de ces hommes, de leurs combats, de leurs souffrance car ills couvraient ces champs de Flandre où combattit les Corps expéditionnaire du général French, durant la grande Guerre.
Ils furent immortalisés par le fameux poème de John McCrae, soldat canadien,


In Flanders' fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amidst the guns below.
We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved, and were loved, and now we lie
In Flanders' Fields.

Le prince de Galles et la Princesse royale lors de la cérémonie du 11 novembre 2005, au Cénotaphe
(photo, Services du prince de Galles).
Enfin, plus gai, la Bonfire Night, qui commémore l'échec de la Conspiration des Poudres. En effet, dans la nuit du 4 au 5 novembre fut déjoué un complot catholique visant à faire sauter le Palais du Parlement lors d'une séance plénière, à laquelle devaient assister le Roi, James I, et le prince de Galles, l'un des auteurs de l'attentat manqué, Guy Fawkes, étant surpris dans les caves du Palais, une torche à la main prêt à bouter le feu à plusieurs barils de poudre.
Les Londoniens, apprenant la nouvelle, allumèrent spontanément des feux de joies ; cette pratique fut reprise d'année en année, on prit l'habitude d'y adjoindre des feux d'artifice et des autodafés de figurines aux l'effigies du Pape et de Guy Fawkes.
La ville de Lewes, dont je vous avait parlé, est fameuse pour ses festivités, à cette occasion.
Pourquoi le titre de ce post ? car hier soir, ayant manqué le dernier train de banlieue, il a bien fallu rentrer à pied (le ticket de bus étant à £2,50, non merci), en suivant marchant le long d'une voie express déserte (en termes de voitures, car tous les vagabonds de la ville semblaient s'y être donné rendez-vous), puis du périph, puis enfin des rues de la ville.
Le côté amusant de la promenade était de voir d'innombrables lapins, là où la voie longeait les terres d'un aristocrate local, non bâties, sorte de coin de verdure enfoncé dans l'agglomération, et cinq renards, bien peu farouches, en approchant des premières maisons ; ces sales bêtes doivent pulluler, depuis le Hunting Act de 2004.
Beaucoup de lapins, quelques renards à proximité des habitations, et ne semblant guère avoir peur de l'homme, vous aurez compris que ces derniers fouillent dans les poubelles.
L'hiver arrive ; il faisait, ce matin, 4 degrés.

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dimanche, octobre 29, 2006

"C'est le don du ciel, c'est le talent."





Nous parlions auteurs, poursuivons ; je suis en train de relire les passionnants Mémoires de Talleyrand, personnage qui m'a toujours fasciné, et dont le souvenir, par d'étranges raisons, a été lié à bien des étapes importantes de ma vie.

L'un des escaliers du Petit-Palais, photographie prise à la mi-septembre


Passionnants, disais-je, mais décevants de sa part ; le plus intéressant de sa vie politique est passé sous silence, de même que sa vie privée.
Les Mémoires du Cardinal de Bernis, du duc de Choiseul, du Marquis de saint-Priest, pourtant hommes d'Etat moins retors, nous en apprennent plus l'envers de la haute politique, qui n'est pas toujours le bon sens, et encore moins appliqué à de grandes choses ; si tel était le cas, le monde serait bien moins amusant.

Si vous cherchez des anecdotes à la Chamfort, préférez L'Album Perdu ; mais si la belle langue ne vous laisse de marbre, prenez le temps d'ouvrir cet ouvrage, vous y trouverez de fort belles pages.

Fac-simile d'une émouvante lettre de Louis XVIII, placée en exergue des Mémoires, dans l'édition du duc de Broglie.

Les mémorialistes français ont donné à notre littérature de grands et plaisants moments ; Montaigne, Saint-Simon, le prince de Ligne, Chateaubriand, le général de Gaulle en ont fait l'illustration.


Le style, et il y en a de mille sortes, ne s'apprend pas ; c'est le don du ciel, c'est le talent.
F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-tombe, Première Partie, XII

Sans monter aussi haut, Le Mesnagier de Paris, le Journal de l'Estoile, ou celui des Goncourt sont très intéressantes.


Montaigne, à présent, dont je relisais justement un chapitre des Essais, ce week-end, lorsque j'ai découvert cette phrase étonnante,
Or ce livre, dequoy je parle, pour venir à son but, fait une description de Seneque tres-injurieuse, ayant emprunté ces reproches de Dion l'historien, duquel je ne crois aucunement le tesmoignage.
J'aime beaucoup cet auteur, mais je n'apprécie guère d'être traité de la sorte. Il s'agit ici, évidemment, de Dion Cassius.

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samedi, octobre 14, 2006

"Et de cette tant vieille tour du maure"

"Et de cette tant vieille tour du maure"




Le Château de William de Warenne


Brighton ne possède qu'un très petit centre historique, l'essor de la ville ne datant que de la fin du XVIIIème, suite à l'engouement du Prince de Galles pour le lieu ; la côte du Sussex n'était, avant cela, pas très peuplée, les villes demeurant à l'intérieur des terres, plus à des des marines française, espagnole, néerlandaise.
L'Angleterre, qui est en effet resté pendant longtemps une nation peu importante, et peu développée, dans le voisinages des plus grandes puissnces du monde, n'avait pas, avant le règne de Henry VIII, de marine de guerre digne de ce nom.
C'est pourquoi la ville de Lewes, demeura durant des siècles la principale cité de l'Ouest du comté du Sussex ; je l'ai visitée aujourd'hui.


La Colline de Lewes, vue du Quartier de Cliffe

La vieille ville occuppe le sommet d'une colline, serrée autour du château de Guillaume (William) de Warenne, construit par ce normand au XIème siècle, en un temps où les compagnons de Guillaume le Conquérant en bâtissaient en nombre, pour assurer la conquête du pays ; l'aglomération actuelle issue de l'urbanisation du XIXème, s'étend dans un vallon adjacent, englobant l'ancien village de Cliffe.

La Porte de la Barbacane du Château, datant du XIIIème

La ville en elle-même est plutôt intéressante, présentant d'anciennes maisons, typiques du sud du pays (les Anglais semblent ne pas connaître de vrais immeubles, de quatre, cinq, voire six étages, en plus d'un dernier mansardé, de combles et de galetas). L'un des attraits en est la Bull House, où vécu Thomas Paine, auteur notamment des Droits de l'Homme, pamphlet en faveur de la Révolution ; les touristes s'y arrêtent, comme d'autres de vant la Maison de Montaigne, à Bordeaux, ou devant l'Hôtel qui a vu naître Talleyrand, rue Garancière.

Enfin, remarquons la petite église consacrée à Thomas à Beckett, à Cliffe, et datant pour partie du XIème, pour partie du XIVème ; l'on peut y voir la charte royale de 1410, autorisant la tenue annuelle d'une foire sur le terrain jouxtant l'édifice.

L'Eglise Thomas à Beckett

La Charte de 1410, Signée en Latin,

"Nous Henry, par la grâce de Dieu Roi d'Angleterre, de France et d'Irlande",

avec toute la présomption dont étaient capables les souverains d'Angleterre, vassaux de nos Rois

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jeudi, octobre 12, 2006

" Otez-moi l'amertume"


La porte Sud du Parc du Royal Pavillion

Le goût anglais est parfois très différent du nôtre ; allié à celui du dix-neuvième, il peut donner des choses étonnantes. Ainsi, j'ai visité, samedi dernier, le Royal Pavillon, afin de voir si son intérieur s'assortissait à sa laideur externe ; j'ai été déçu dans mes espérances, certaines pièces sont joliment décorées. Des gardiens aimables comme Cerbère m'ayant presque assommé lorsque j'ai voulu prendre ma première photo, j'ai dû tenter les autres sous le manteau, ou plutôt la veste ; elles sont floues, mal cadrées, inexploitables. Je vais donc tenter de vous décrire un peu le palais.



L'Aile de la Salle de Musique, vue du Parc



Là où l'art français est toute mesure, où les chinoiseries Régence sont finement inscrites au sein de boiseries claires, la facture anglaise déborde tout, est profusion et mouvement.
La plupart des pièces est ornée d'une multitude de lampes, paneaux laqués, dragons en bronze, faux bambous en fonte et mobilier en rotin ; tout, en un mot, vous transporte dans un autre univers, très loin du goût des salons dix-huitième. Nous sommes de nos jours plus habitués à des athmosphères à la Walter Scott, mais à l'époque cela devait impressionner.
Certaines pièces donnent vraiment l'impression d'être en pleine Cité interdite, d'autres sont plus classiques, en un style empire, l'influence de l'Empire des Indes en plus ( de nombreux pilastres, par exemple, ont pour chapiteaux des palmes, là où, en France, l'on eût trouvé une copie d'art grec ou égyptien ). L'ensemble est assez heureux.


La pièce la plus fameuse, la salle à manger, est très impressionnante, sans être vraiment belle ; un immense espace est presque tout empli par un lustre de bronze, chargé de dragons de style holywoodien et de triangles de verre qui ajoutent un effet manga.

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Autre occupation de la journée, finir de lire les passionnants Diaries de Duff Cooper, homme d'Etat francophile que certains d'entre-vous connaissent déjà ; malheureusement, l'auteur de l'édition qui est à la bibliothèque centrale ne connaissait pas aussi bien la France que notre sympathique diplomate : les notes comprennent certaines erreurs.
Pour se consoler, rien de mieux que d'aller voir le film The Queen, retraçant la vie politique d'Elisabeth II. Certains passages sont hilarants, mais il est vrai que la Famille royale est, en soi, amusante, si décalée dans une société britannique un peu post-moderne.
Au moment même où sort en France un film sur un Président, les Britanniques se pressent pour voir l'histoire de leur Reine.
En parlant de présidents, il faut absolument que je me procure le tome trois do Pouvoir et la Vie. J'aime de plus en plus les Mémoires, c'est un genre littéraire passionant ; voir l'Histoire racontée par ceux-là même qui la firent, c'est délicieux.
La collection Le Temps retrouvé du Mercure de France est trésor pour cela, elle vient de faire paraître les Mémoires de saint-Priest.

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mardi, octobre 03, 2006

"Freres humains qui aprez nous vivez"

St Paul's Church

L'Angleterre est un pays ossianique, parfois loin de la Raison cartésienne de la France.

Il suffit ici de se promener par les cimetières pour se sentir comme emporté par un sentiment chateaubrianesque, ou plutôt médiéval. En effet, ce n'est pas la triste euphorie du Grand-Bé, du Mont-Louis, du Père Lachaise, de la Montagne Sainte Geneviève ou de Villepin à l'Assemblée ; c'est là un malaise.

St Paul's Churchyard

Les allées ne sont pas droites, parfois, il n'y en a même pas ; quelques tombeaux gisent çà et là, sur un gazon très vert, sous des arbres hantés par des colonies d'araignés.


St Paul's Church, entrée Sud


Il y a très peu de caveaux ; où sont donc les anciens ? ils ont été placés n'importe comment sur les bords, pour faire de la place. Les espèces de stèles que vous voyez dressées là sont tout ce qui reste des tombes des XVIème et XVIIème siècles, les sépultures encore en place datent de la fin du XVIIIème et du début du XIXème.
Et les os ? en font-ils du pain ?

St Paul's Church, façade Ouest

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